Nous allons voir ici ce qui différencie ces 2 notions et comment on les calcule.
Il s’agit d’une question compliquée à apprendre pour les étudiants, car ils ont du mal à visualiser les réalités que cela recouvre et à faire une différence entre logique comptable et logique économique.
En formation, beaucoup confondent ces notions avec la valeur réelle ou la valeur de marché, ont du mal à comprendre les impacts en termes de résultat et de trésorerie.
Une approche pédagogique pratique
Alors, nous pensons qu’une approche pédagogique intéressante pour enseigner ces notions est de mettre les apprenants dans une situation proche de la réalité pour que les concepts théoriques prennent du corps.
Et cela vaut pour l’ensemble de la ressource pédagogique pour enseigner la gestion économique et financière qu’est DéfiBrasserie.
Entre autres, les apprenants y verront clairement comment évoluent les valeurs nettes sur la durée.
Pour introduire ces notions, commençons par :
Le principe de base :
immobilisation brute
Lorsqu’on parle d’ « immobilisation brute » on fait référence à la valeur d’achat de l’immobilisation au moment où elle a été achetée.
– (signe moins) amortissements
Comme certaines immobilisations, avec le temps, perdent de la valeur du fait de leur utilisation, on prélève sur les résultats de l’entreprise, année après année, des « amortissements ».
(Voir ci-dessous le cas des provisions.)
= immobilisation nette
Ainsi on déduit des « immobilisations brutes » les amortissements annuels ou les éventuelles provisions pour arriver aux « immobilisations nettes ».
Exemple d’exercice de calcul :
immobilisation brute
Prenons le cas d’une unité de production qui serait achetée pour :
100 000 €
et dont la durée de vie serait estimée à 5 ans.
– amortissements
Comme on estime qu’au bout de 5 ans l’unité de production n’aura plus de valeur du fait d’avoir été utilisée pendant ces 5 années,
on va dire que chaque année elle a perdu un cinquième de sa valeur, soit :
100 000 € / 5 ans = 20 000 € par an.
Chaque année, on va donc faire une « dotation » aux amortissements de 20 000 pour cette unité de production.
= immobilisation nette
A la fin de la 1ère année, la valeur nette de cette immobilisation sera de :
100 000 – 20 000 = 80 000 €
A la fin de la 2ème année, la valeur nette sera de :
100 000 – ( 2 x 20 000) = 60 000 €
A la fin de la 4ème année, la valeur nette sera de :
100 000 – ( 4 x 20 000) = 20 000 €.
Et à la fin de la 5ème année, la valeur nette sera nulle :
100 000 – ( 5 x 20 000) = 0 €
Dans la réalité, les choses sont souvent plus compliquées. Et donc difficiles à expliquer. Leurs traductions comptables également.
Voici donc quelques points complémentaires.
Qu’est-ce qu’une immobilisation ?
Une immobilisation est un bien, matériel ou immatériel, qu’une entreprise possède durablement pour les besoins de son exploitation.
La notion « d’immobilisation » fait référence qu’il y a quelque chose qui ne va pas bouger pendant un certain temps.
- Il y a les immobilisations corporelles : matériels, bâtiments, mobilier…
- Il y a les immobilisations incorporelles : marques, brevets, licences…
- Il y a les immobilisations financières : l’argent « immobilisé » dans un dépôt de garantie, des actions d’une autre société…
Les immobilisations peuvent être amortissables ou pas…
Immobilisations amortissables…
Ce sont, par exemple, les équipements de production, les ordinateurs, le mobilier…
Ce sont les matériels, équipements, bâtiments dont la valeur diminue avec l’usage.
Les apprenants visualisent en général assez bien ce type d’immobilisations.
…et immobilisations non amortissables
Il y a des immobilisations qui ne sont pas amortissables parce qu’au lieu de perdre de la valeur quand on les exploite, soit cette valeur est stable, soit elle progresse.
Il est souvent plus compliqué pour les apprenants de concevoir ce qui se cache ici. Voici 2 exemples révélateurs.
Par exemple : un terrain conserve sa valeur quels que soient les bâtiments que l’on construit ou les aménagements que l’on fait.
Et pour les immobilisations dont la valeur augmente, pensez à une marque qui à force d’être promue et servie par des produits de qualité voit sa valeur croître.
Provisions sur immobilisations
Peut-être les apprenants auront entendu parler de « provisions sur immobilisations« . Voici ce dont il s’agit.
Il arrive que des immobilisations perdent soudainement de la valeur (pensez à un joli terrain à côté duquel viendrait s’installer une usine chimique). Cette perte de valeur n’est pas liée à l’usage. Alors on prélève sur le résultat ce qui s’appelle une « provision pour dépréciation » ou plus simplement une « provision ».
Ces provisions viennent ainsi en déduction de la valeur brute des immobilisations pour donner leur valeur nette.
Amortissements et coûts de revient
Comme les amortissements sont prélevés régulièrement sur les résultats, ils impactent les coûts de revient des produits.
Au contraire, les provisions, qui ne sont pas régulières, n’entrent pas dans le calcul des coûts de revient. On les fait figurer dans les éléments exceptionnels en bas du compte de résultat.
Les dotations aux amortissements et aux provisions font partie des dotations d’exploitation du compte de résultat. Ce que l’on appelle « dotation », c’est la fraction annuelle prélevée sur les résultats.
Ce sont des éléments importants de pilotage à faire figurer dans le compte de résultat et le tableau de bord.
Valeur comptable et valeur vénale
Pour terminer, il est important que les étudiants comprennent bien qu’il s’agit d’une vision comptable de l’évolution de la valeur d’une immobilisation.
La valeur que l’on pourrait retirer d’une machine, d’un bâtiment, d’un équipement… lors de sa revente est bien différente de la valeur nette dont nous venons de parler.
Ce serait l’occasion de faire apparaître une plus-value ou une moins-value. (Ce que nous ne détaillerons pas ici.)
Immobilisation et location
Ces 2 manières d’acquérir un équipement ont des impacts très différents sur le résultat et la trésorerie. C’est un point important à aborder en cours.
La location et ses variantes
Lorsqu’un matériel est « acquis » en crédit-bail (ou leasing, location longue durée, LOA…), le matériel n’est pas acheté par l’entreprise.
L’entreprise n’est donc pas propriétaire de ce matériel.
Ce matériel ne figure pas au bilan et il n’est pas possible de l’amortir.
Les critères de décision
Au moment d’acquérir un équipement, cette question se pose en fonction de la trésorerie disponible et d’autres questions stratégiques.
Ajoutons que, souvent, les contrats de location incluent des services complémentaires comme l’entretien, la fourniture de consommables, le remplacement en cas de panne…
Qu’est ce qui entre dans la valeur « brute » d’une immobilisation ?
Il est possible d’ajouter au prix d’achat des sommes complémentaires comme les frais de transport, d’installation, de tests… Ce sont des frais dits « accessoires ».
Les règles sur ces sujets sont assez précises et techniques.
Il y a aussi le cas des immobilisations que crée l’entreprise pour elle-même. Exemple : une entreprise qui fait monter les cloisons de ses bureaux par ses ouvriers.
Immobilisations et stock
Les immobilisations ont vocation à servir durablement l’entreprise.
Ce n’est pas le cas des stocks qui ont vocation à être vendus ou bien utilisés en production.
Ainsi, une entreprise dont le métier est de produire des machines-outils mettra en immobilisation les machines qui servent à produire les machines qui seront vendues aux clients.
Par contre, avant d’être vendues aux clients, les machines produites feront partie des stocks.
Immobilisations brutes et immobilisations nettes dans DéfiBrasserie
Tout ceci étant expliqué, comment faire comprendre comment ces notions d’immobilisations brutes et d’immobilisations nettes se mettent en œuvre dans le cadre global d’une entreprise, comment cela apparaît dans le bilan, dans le tableau de bord ou comment cela impacte le résultat et les coûts de revient ?
Alors, utilisez notre jeu sérieux de gestion d’entreprise : DéfiBrasserie, vos apprenants comprendront facilement au travers de cette aide à l’apprentissage de la gestion, les calculs et les impacts sur la santé économique et financière globale de leur petite entreprise virtuelle.
Ces points font partie intégrante du contenu de DéfiBrasserie pour une appropriation précise par les participants.
Tentez une sorte de pédagogie inversée
Comme ces notions sont complexes et peu facilement visualisables, vous pourriez tenter de procéder en sens inverse.
C’est à dire,
- faire identifier à vos apprenants, qu’il y a des coûts qui apparaissent dans le compte de résultat ou dans le calcul des coûts de revient
- leur demander pourquoi ces coûts apparaissent,
- ce qu’ils conçoivent de leur signification et comment cela se relie à la question de l’acquisition des équipements dont a besoin l’entreprise.

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2 réponses sur « Immobilisation brute et immobilisation nette »
[…] on déduit les immobilisations nettes pour arriver au « fond de roulement »: FR. Puis on déduit le « besoin en fond de […]
[…] Comprendre les notions d’immobilisation brute et immobilisation nette. […]